Cette session du samedi à la Philharmonie (j’ai pas enviiiiiiie) était sous le signe du tapis : au parterre, la moitié contre la scène a été rabaissée et recouverte de tapis, médusant quelqu’ami ninja qui ne l’avait pas vu venir, celle-là. Places à 10€, sympa, mal positionné sur les acariens, mais original — après l’entracte, il y a eu du replacement par là, c’est dire le succès. Avec la souris, on opte plutôt pour un replacement en plein centre de second balcon, séant mieux à notre recherche de confort (certes toujours précaire dans cette salle pour les nains).

Évidemment, le tapis avait une raison : un programme de l’orchestre de Paris, Fabien Gabel, à la direction, concentré sur une période française précise où l’orientalisme était en faveur et vendait du rêve (c’était avant les terroristes et l’immigration, pour remettre en contexte). On commence donc avec les jolies (mais évanescentes) variations symphoniques d’Istar, de Vincent d'Indy, avant de continuer sur la célèbre Shéhérazade de Maurice Ravel (« Asie, Aaaasie » — Measha Brueggergosman comme soprano), puis direction l’Inde avec Padmâvatî (Suite n°2) d’Albert Roussel. On y reste après l’entracte, avec Khamma, musique de ballet que Claude Debussy avait eu bien des peines à accoucher (Charles Koechlin est donc aussi crédité). Avant de terminer tout autre part, mais avec les mêmes sonorités, chez Florent Schmitt et son Antoine et Cléopâtre (Suite n°2), une découverte, et pas des moindres, car c’était excellent (et pourtant pas du tout connu !)

À noter : Lola Descours ne fait plus parti des effectifs listés dans le livret, après un an d’absence (clairement en dispo). Ah Lola ! On devrait écrire un opéra sur ce déchirement, ou quelque chose du genre. Après avoir perdu Mathilde, Paris devient décidément fade, malgré quelques épices sonores de difficile compensation.