Je crois que c’est bien la « Cenerentola » de Rossini qui a été interdite d’Opéra de Paris pendant bien des années. J’avais raté sa programmation sous la nouvelle ère de direction (je ne pense pas me tromper), mais pour cette représentation unique et de concert mis en espace au TCE, j’avais mon binôme — et un replacement assez facile. En fait, c’est de l’opéra porno : l’histoire est franchement grotesque, et on pourrait dire très 4ème degré, mode théâtre de boulevard assumé. De la Cendrillon, il ne reste plus grand chose. À côté, Hollywood ou Disney, ce sont des conservateurs très sages. Chercher à comprendre est vain, il faut se laisser porter — mais l’opéra souffre de n’aligner aucun hit.

Le chef de l’Orchestre National d’Ile-de-France (et Ensemble Aedes), Enrique Mazzola, était brillant. Littéralement. Comprendre veste noire à paillettes, effet disco. C’est qu’il fait partie de la fête, tout comme le claveciniste, totalement intégrés à l’action. C’est malin, drôle, savoureux. Plus tard, lors d’une file d’attente à Bastille, j’entendais des lyricomanes louer ce procédé, plutôt que d’avoir des mises en scène vilaines et chères. Là, on va dans l’économique : le peignoir de bain cache tant bien que mal les robes à paillettes pour le bal. Et finalement, tant que ça chante bien, et qu’on se permet un selfie de groupe final, tout le monde est heureux.

Karine Deshayes Angelina (Cenerentola)
Peter Kálmán Don Magnifico
Cyrille Dubois Don Ramiro
Vito Priante Dandini
Luigi de Donato Alidoro
Hasmik Torosyan Clorinda
Alix Le Saux Tisbe