La magie de l’opéra est de nous faire avaler avec plaisir un livret pondu en 11 jours comme savait le faire si bien Donizetti, à partir d’une farce amoureuse sur laquelle il ne faut pas trop se poser de questions, et que le metteur en scène Damiano Michieletto essaie éperdument de compliquer ou de lire à l’envers en faisant s’embrasser les mauvais personnages (Norina et le Dottor Malatesta, au lieu d’Ernesto). S’il y avait d’ailleurs bien défaut de cette version de Don Pasquale donnée en fin de saison à Garnier, c’était bien encore une fois la mise en scène, mélangeant trop d’idées foutraques, entre l’appartement des années 1970 (par radinisme, mais ça n’a pu se deviner qu’après l’entracte), les scènes filmées sur fond vert en direct (et avec costumes moyenâgeux de préférence), le neveu wesh black (Lawrence Brownlee pour Ernesto), le papi charentaise (Michele Pertusi en Don Pasquale), le gangster beauf (Florian Sempey pour Malatesta) et la vamp manipulatrice (Nadine Sierra, Norina), certains ayant leurs marionnettes, ça donne un gloubi-boulga bien indigeste, et toujours côté jardin (pas de bol, c’est le côté que j’avais choisi pour ma place, après une mésentente avec JoPrincesse pour justement ne pas se tromper, car les metteurs en scène médiocres ont toujours une fâcheuse tendance à choisir un côté et tout s’y faire dérouler… Même soucis concernant le haut de la scène, invisible d’une bonne partie du théâtre).

Heureusement que les chanteurs était fort bons, et Evelino Pidò toujours efficace à la baguette. Finalement une fort bonne soirée, pour 25€ perchés en 4e loge (pas très confortable, mais à ce prix-là, à Paris, on n’a plus grand chose… À se demander qui se fait vraiment duper, dans l’histoire !).