Pour un 6ème mission impossible, 22 ans après le premier opus, aucun hommage n’a été prévu pour l’agence anglaise du même nom. Il faut dire que ça ne marche pas très bien en VO, cette amusante allusion qui ne pouvait arriver qu’avec une longue série de films issus d’une série qui avait déjà connu une série de séries… Mais on revient en France, comme pour le premier épisode, à Paris ; et beaucoup à Londres aussi, comme pour Rogue Nation, 5ème opus dont on tient là la suite directe. Ce qui implique de revoir Sean Harris en Solomon Lane et Alec Baldwin pour Alan Hunley — mais on a perdu Jeremy Renner (et donc les costumes de Timothy Everest ? Il tirait à l’arc chez Marvell). Surtout, on retrouve la sublimissime Rebecca Ferguson, qui outre ses innombrables qualités, n’est que de un mois et demi mon aînée (je suggère qu’on lui construise des temples et qu’on lui voue un culte). On retrouve aussi Ving Rhames (qui ne servait pas à grand chose la fois précédente, me semble-t-il), et surtout, surtout, on peut enfin comparer Michelle Monaghan à Rebecca — quel étonnante ressemblance ! Mais Rebecca est réellement la perfection incarnée. Et parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, Tom Cruise, qui ne vieillit plus (hum), est associé à son néo-réalisateur-fétiche Christopher McQuarrie.

Bref, le chef des anarchistes refait des siennes. On le fait même rapatrier au Minefi, sur les toits de Bercy : c’est dire si l’on a envie de le torturer très fort (entre le water boarding et la DGFIP, mon choix serait vite fait !). Ça part vite en course-poursuite (encore à cause d’une jolie blonde — Vanessa Kirby), où l’on voit très peu de palissades de travaux vertes et grises, grâce à une série ingénieuse de téléportations (après tout, on peut couper au montage ; mais tomber depuis Étoile dans le canal sous l’avenue Voltaire, c’était surprenant). Mission : Impossible. Le rôle de Henry Cavill (aussi un 1983, nous sommes légion), que l’inconscient associe à Superman alors que sa barbe jette le trouble, reste bien ambigu, comme le scénario sur-compliqué qui finit par nous paumer quelque peu. Mais le reste de la recette qui fait le succès de la série demeure, avec une émouvante morale — on ne laisse jamais personne derrière (surtout pas Rebecca, même quand elle nous embête. Mais Rebecca, quoi. Elle peut venir me tirer quand elle veut).

Ça marche rudement bien, quand même, et pendant 2h30. Et Rebecca.