Après « Printemps tardif » de Ozu, toujours au Champo, toujours blindé, « Printemps précoce ». Est-ce le prequel ? Que nenni. Ozu a parcouru les saisons, il a certainement dû en conclure qu’il n’y en a pas assez et qu’il fallait faire des sous-catégories. Quelque chose de ce genre.

C’est en tout cas encore une fois un conte moral — avec plus grosse scène de sexe : un baiser presque volé du personnage féminin principal sur la bouche du héros que l’on suit intimement, un homme trentenaire vertueux mais alors « fautif » (avec une jeune épouse assez pénible). D’une durée de bien plus de deux heures, c’est le plus long des films d’Ozu, et probablement le plus dans le narratif, donc le plus plat (d’après ma studieuse accompagnatrice qui achevait là son cycle après une semaine d’introversion). Nous sommes dans le Japon de 1956 après la guerre — qui est assez souvent évoquée ! —, avec la nouvelle vie de bureau qui s’impose comme idéal déjà au contre-effet déprimant. On y parle donc de choix (subi) de vie. Un témoignage dans un espace-temps charnière qui reste, au-delà du thème traité assez banal, fort intéressant.