« My Lady » est un film anglais sur le mode : BBC++. C’est-à-dire que c’est la version améliorée d’un téléfilm BBC, qui est déjà le haut du panier du téléfilm en règle générale. Richard Eyre derrière la caméra (il fait plutôt de l’opéra au ciné). On y ajoute Emma Thomson (qui patine délicieusement), et hop, la mayonnaise prend ! « The Children Act », en VO, s’est vu relégué en sous-titre avec l’allusion à « l’intérêt supérieur de l’enfant » — ce dont cela traite, tout autant que la psychologie particulière de notre héroïne, sur lequel le film est entièrement centré. Gravite autour d’elle un mari philosophe délaissé qui en a un peu marre (Stanley Tucci), un greffe (?)/secrétaire fort efficace et sans aucune fantaisie (Jason Watkins) et un gamin sur-intelligent quasi-majeur mais témoin de Jehovah qui va y passer s’il continue de refuser les transfusions (Fionn whitehead).

My Lady est donc juge pour enfants. Genre juge qui a l’air d’être d’un haut niveau de juridiction, mais il faut probablement être plus familier avec le système anglais — j’avais regardé ça après avoir dévaliser la librairie à côté du palais, qu’on voit souvent, et qui est d’un certain luxe, d’après ce que l’on voit à l’écran, qui ferait pâlir les Français… Son approche ne fait pas l’unanimité, mais elle est fort respectée : elle a un mélange de rigueur extrême et d’amour pour autrui, un talent artistique et une haute intelligence, mais une psychologie en proie à une opposition entre son introversion, son métier (et désir) de contact avec l’humain, et sa froideur par défaut. Bref, c’est une parfaite INFJ. Les moins enclins à pratiquer cette race peu commune (qui a tendance à se concentrer sur certains métiers, notamment RH, d’éducation, d’avocature, donc beaucoup dans les grandes villes) ont été surpris, notamment de l’espèce de nervous breakdown qu’elle fait à un moment — quelque chose de très typique de ces personnages contradictoires qui paraissent forts mais n’en demeurent pas moins fragiles.

Au-delà du propos autour du droit de l’enfant, des contradictions entre religion et bien commun assuré manu militari par l’État, de l’histoire de ce jeune homme dans des tourments philosophiques (et amoureux, fasciné, phénomène qui arrive souvent !), il y a donc cette femme à observer sous cloche. Le tout est très intelligemment montré.