Totalement à l’opposé du film précédent (« My Lady »), nous voici dans le monde bordélique des perceptifs. « Under the silver lake », c’est pour ceux qui ont leurs chakras ouverts. Sinon, le risque de passer à côté est immense. La preuve : les spectateurs ont beaucoup moins aimé que la critique ! On est sur du 3 ou 4ème degré en permanence, avec comme fil rouge un labyrinthe d’exégèses interprétatives qui dans sa forme la plus rationnelle dans le film est entre la numérologie et la Kabbale. Un gros délire paranoïaque conspirationniste par un loser de première incarné par Andrew Garfield (qui à cause de sales gamins se retrouve collé à un magazine de Spiderman : les références en easter-eggs pleuvent !).

Chose amusante, l’un des points de départ (non élucidé par ailleurs) est la disparition de chiens. Où David Robert Mitchell rejoint à quelques semaines près Wes Anderson. Les références volontaires et assumées sont en revanche nombreuses, la plus évidente, outre la trame lynchéenne, étant la Fureur de vivre. Ça part dans tous les sens comme rarement, pour un dénouement que pour une fois, personne ne pourra prévoir. Les gens pas drôles (soit la grande majorité de la population) n’y comprendront rien. Ceux qui ont l’esprit tarabiscoté en revanche s’amuseront comme des petits fous.