« Koe no katachi », traduit assez librement par « Silent Voice », est l’animé du moment de Naoko Yamada, une réalisatrice manifestement sortie d’assez nulle part, mais dont la finesse d’analyse est fortement remarquable. Si sur la forme ce n’est parfois pas tout à fait sec — et ça dure tout de même 2h09 —, aborder autant de thèmes sensibles est impressionnant : harcèlement scolaire,, suicide, amitié, solitude, amour naissant… Cela va bien au-delà du handicap de la principale protagoniste. Les jeunes en formation sont paumés comme il se doit : violence entre eux, morale et physique, et cette pulsion de mort caractéristique des rapports malsains de cet âge, le tabou absolu.

Et puis il y a cette culture japonaise particulièrement étouffante, où l’on passe son temps à s’excuser d’exister (« gome nasai » est la réplique la plus entendu, même avec l’accent des sourds), et où quand le héros (ex-anti-héros) doit sauver l’héroïne, il se déchausse d’abord pour entrer dans l’appartement.

C’est bien fait, sensible et intelligent.