L’affiche de « valse dans les allées » (In den Gängen) fait clairement référence à Toni Erdmann, dont on reconnaît l’actrice principale Sandra Hüller. Et c’est ainsi que le film pose cette épineuse question : peut-on remplacer le cupcake par le chariot élévateur ? Sacré challenge.

L’Allemagne, c’est quand même un autre monde — celui du komische. Comment classer cette romance dramatique à caractère social ? Ni vraiment dans l’un, ni vraiment dans l’autre. « Film de chariot » ? (Le chariots élévateurs de feu, ça aurait pu être un chouette titre, aussi) L’action (ou l’inaction, c’est selon) se déroule essentiellement dans un grand magasin d’entrepôt, type Metro (chaîne allemande, d’ailleurs). Notre héros bourru (rares lignes de texte, marmonnées dans un germain incompréhensible — déjà que l’accent de l’Est est à couper au couteau d’une manière générale), Franz Rogowski, apprend le métier du rangement des allées de victuailles sur palettes avec Peter Kurth (à pleine plus bavard), et s’amourache d’une mystérieuse fille pas simple — rayon confiserie, un vrai challenge entre classes sociales silotées.

Ça interloque. Pourquoi pas. On ne pourra pas reprocher un manque d’originalité. Avec 2h05, Thomas Stuber aurait peut-être pu faire un peu plus court. Un film à portraits (bien ancré en ex-Allemagne de l’Est, ce qui ne manque pas d’intérêt).