« Burning » est adapté d’un bouquin de Murakami — « Les granges brûlées » —, et apparemment ça se sent, même si l’on est transposé en Corée (où le titre est : « Buh-Ning » — c’est suspect !) : lorsque l’élément perturbateur arrive tardivement, l’ambiance suspicieuse étant déjà plus ou moins installée, alors qu’il ne se passe pas grand chose, les hypothèses se multiplient jusqu’à générer un biais ambigu. Et la fin tranchante, pourtant du côté du plus probable, laisse dans un état de doute définitivement inconfortable, savamment noué durant 2h28 d’une réalisation qui se doit d’être impeccable pour ne pas susciter l’ennui. Le mérite revient donc autant au réalisateur Lee Chang-dong et à sa co-scénariste Oh Jung-mi, qu’au triangle d’acteurs : Yoo Ah-In, Jeon Jong-seo (très mignonne) et Steven Yeun (très beau). Un beau film assez inconfortable, quand on y repense.