La bande-annonce de « Mademoiselle de Joncquières » ne donnait pas forcément envie. Mais quand on aime Emmanuel Mouret, on lui laisse le bénéfice du doute. Et on a eu raison — Mouret aurait-il aussi peu l’art du teasing que Rohmer en son temps ? Le film se veut une adaptation de Diderot (plus ou moins large ?). On y trouve Cécile de France (Madame de La Pommeraye), qui enfin séduite par le libertin Marquis des Arcis (Edouard Baer), mais goûtant peu leur rupture que ce dernier pensait en toute amitié, et malgré encore une fois les réticences de son amie (Laure Calamy), met en place une machination vengeresse. Pour cela, elle va utiliser Madame de Joncquières (Natalia Dontcheva, à la très belle patine) et sa fille, la superbe jeune Mademoiselle de Joncquières (et voilà le titre !). Alice Isaaz a 27 ans, et elle est sublime. Pourtant, au civil, c’est le genre de fille très jolie qu’on remarque un peu ; mais avec un corset et un peu de fard, toute en introversion, elle est sensationnelle, du type à épouser sans tarder. Le marquis est de cet avis.

Un film sensible, intelligent et châtié. Du Mouret tout craché.