Après les 2 premiers épisodes en demi-ring d’avril, l’Orchestre du Mariinsky et son Valery Gergiev à la direction étaient de retour pour un deuxième week-end, avec le gros morceau : Siegfried le samedi, Crépuscule le dimanche. Siegfried, c’est très long, et quand on commence à 19h, on est assuré de terminer à minuit passé, ce qui n’est pas bien pratique pour retourner chez soi depuis la Philharmonie. L’épisode est probablement pour les purs wagnériens, et donc la salle était moins remplie : c’était même fort aisé de se replacer au parterre.

Evgeny Nikitin, reprenant le rôle du Wanderer, était bien plus à l’aise cette fois — il avait marqué les esprits par son déraillement en fin de Walkyrie. Andreï Popov fait du Mime, mais c’est son interlocuteur Mikhaïl Vekua en Siegfried qui assure surtout le show (ça tombe bien, il est de quasiment toutes les scènes). Il y a eu un peu de mercato, mais c’est bien Roman Burdenko qui reprend le désormais petit rôle d’Alberich ; on retrouve aussi à nouveau Mikhaïl Petrenko et sa grosse voix généreuse pour Fafner, comme dans l’Or du Rhin. Je n’avais pas noté si Zlata Bulycheva avait déjà le rôle d’Erda. Ce qui est certain est que Elena Stikhina fait une superbe Brünnhilde — alors qu’elle était Sieglinde la fois précédente. Son duo d’amour final était sublime. Et quelle belle femme !

Mais LA révélation, c’était le zozio (aka Waldvogel), Anna Denisova : déjà, elle est vraiment gaulée comme un moineau, mais en plus elle chante avec une voix puissante et cristaline. Un grand Wagner comme on aime.