Il y a des opéras qui sont de la rediff de la rediff, mais que pourtant on va revoir encore et encore (quatrième fois en 15 ans ?). Tristan und Isolde en fait partie, et comme on connaît à présent par coeur les vidéos de Bill Viola et la mise en scène complexe à base de mouvements subtils de canapé carré par Peter Sellars, ça ne surprend tellement plus, qu’on peut un peu plus se concentrer sur le texte. Comme c’est aussi de plus en plus cher, la salle présente d’assez larges zones de replacement, et en l’occurrence au premier balcon sur les rangs de devant, on pouvait y transformer sa citrouille à 15€. En plus, c’est idéal pour la stéréophonie : le choeur se place dans le couloir côté cour à mètre (entrée plutôt discrète, sortie très ninja) ; et surtout Matthiaaaaaas se poste plusieurs fois dans la galerie juste en face, créant un moment de communion intense — avec ma voisine.

Les seconds couteaux étaient d’ailleurs superbes : Matthias Goerne pour Kurwenal et Ekaterina Gubanova pour Brangäne, excusons du peu ! Avec un René Pape en König Marke, tant qu’à faire. Côté troisièmes couteaux, ça s’en sort fort bien aussi : Nicky Spence (Ein Hirt / Ein Junger Seemann), Neal Cooper (Melot) et Tomasz Kumiega (Ein Steuermann). Finalement, les deux héros, Andreas Schager pour Tristan et Martina Serafin pour Isolde, s’ils ont assuré les 5h20 (en comptant les grosses entractes), sans faiblir (contrairement à d’autres représentations où j’ai assisté — le dimanche après-midi peut aussi aider ?), sont ceux que j’ai peut-être le moins apprécié, à cause de leurs tessitures respectives. Pas fan. Mais passer par dessus l’orchestre sans pitié de Philippe Jordan qui envoie la sauce (orchestre qui par ailleurs reste assez longuement applaudir au grand complet), voilà qui relève d’un sacré exploit, tout de même.

Et Wagner. Aaaah, Wagner ! (C’est à se demander, une semaine après Siegfried, pourquoi tout le monde boit n’importe quelle potion, quand même ! Quelle fâcheuse habitude ! Même si ça nous fait de sacrés opéras)