Pas grand chose au ciné ? Pourquoi un p’tit opéra contempo bien aride ? C’est qu’il y a Barbara Hannigan. Pardon : Barbaraaaa !!!  <3

Michael Jarrell, sur commande de l’opéra de Paris, a autant écrit la musique que le livret de Bérénice. L’idée : des trilles infinies aux cordes, des phrases musicales hyper courtes (ça sonne comme un déjà vu !) et par dessus, un chant trèèèèèèès allongé. Si le texte original est bien de Racine, il est forcément réduit pour que ça rentre dans un timing de 1h30, même en superposant les scènes et les chants — ce qui aide plutôt à rendre l’oeuvre encore moins intelligible. Bref, c’est franchement aride.

Pourtant, tout y est pour la réussite : Philippe Jordan, qui décidément est partout, fait de sacrés efforts avec l’orchestre. La mise en scène de Claus Guth est jolie, avec les décors classiques de Christian Schmidt, type intérieur d’hôtel particulier (ils se tapent un délire aqueux, mais on leur pardonne).

Il y a aussi une très bonne distribution. Bo Skovhus (Titus), Ivan Ludlow (Antiochus), Alastair Miles (Paulin), Julien Behr (Arsace), Rina Schenfeld (Phénice). Et évidemment, l’immense Barbara Hannigan dans le rôle-titre, toujours aussi exceptionnelle, dont on abuse toujours en la faisant chanter dans tous les sens. Mais à la fin, on reste sur le sentiment d’une oeuvre assez moyenne, avec rien de bien neuf. Ça s’oublie très facilement.