Mercredi, c’est orchestre de Paris. Binôme Hinata. Replacement à l’aise, derrière la barrière, côté cour. On commence donc baroque : Jean-Philippe Rameau, Hippolyte et Aricie / Suite. Brillant. Il nous enterrera tous, disait en substance Campra (qui a quand même tapé du 84 ans).

Et puis Daniel Harding va chercher Ian Bostridge, le ténor de ces demoiselles. À côté de moi, c’est déjà la fonte des glaces. Benjamin Britten, Les Illuminations, sur un texte (respecté mais coupé) de Rimbaud — qui n’a pas beaucoup aimé Londres, un peu comme lorsqu’on n’arrive pas à dormir à New York. Il prononce tellement bien le texte qu’on peut repérer les quelques rares erreurs en lisant le livret simultanément. Britten signe une partition incroyable (comme si souvent), jusqu'à l’épilogue du retour au calme.

Après l’entracte, où l’on aurait presque failli se remettre des émotions fortes si, dans un couloir, nous n’avions croisé Ian (aucune petite culotte n’a cependant volé), Felix Mendelssohn, Symphonie n°5 "Réformation", qui me semble fort peu donnée. J’y reconnais, dans cette oeuvre qui se veut une synthèse de culture germanique, aussi entre classique et romantisme, un bout de Parsifal : le lendemain, étudiant le programme, j’y découvrirai que les deux empruntent en réalité à l’Amen de Dresde.

Dingue.