21h45, mais quel est donc cet absurde horaire ?!?! Heureusement, le soleil se couche encore un peu tard. Et il faut faire la queue ! « Placement libre », dans une salle de Chaillot dont on n’a jamais entendu parler — en rénovation jusqu’alors —, où l’on accède par l’escalier A puis une série de couloirs. Ce n’est qu’une fois arrivé au bout de la procession que les ouvreurs hurlent que toute sortie est définitive, puis qu’il faut bien suivre les gradins (disposés tout autour), et ne pas mordre sur la scène invisible. Paye ton organisation à la française. Première séance de la série Ohad Naharin.

Et puis on attend, installés tout autour du vide, assez longuement. On repère quelques sièges vides, réservés. Une danseuse finit par arriver, et elle bouge seule un bout de temps, avant que ses acolytes commencent à la rejoindre, habillés de la même manière, en gris : une pyjama party à neuf ! On tient là une partie de la Batsheva. Avec plein de très jolies juives ! (Comme nous le confirmera la séquence du mec-à-poil, le danseur aussi est juif — on apprend aussi au passage qu’on est nu sous le pyjama, mais un pénis de taille réduite n’augmente-t-il pas le frottement désagréable ? Ce prépuce dénudé ne sent donc plus rien ?)

Les danseurs officient généralement sans musique, puis restent immobiles (le plus souvent couchés) lors de séquence de techno intense (de préférence japonaise). De temps à autres, ils viennent s’asseoir au premier rang, tombent (spécialité maison), ou plus rarement nous gratifient de très beaux ensemble de groupe en musique, alternant avec des solos (qui ménagent du repos). On tient peut-être là l’origine du titre de l’oeuvre, « Mammoth ».

Au bout d’une heure quinze, faisant le tour de la salle, trempés de sueur, il serrent aléatoirement des mains dans le public, et puis s’en vont. Pas mal du tout !