Imagine-t-on que la dernière fois que l’on vit un concert d’Arvo Pärt avec le compositeur en personne, et dont je me souviens comme si c’était hier, était il y a 3 ans, à la même Philharmonie ? Effroyable.

Pour le nouveau week-end qui lui était dédié, c’est le Tallinn Chamber Orchestra et l’Estonian Philharmonic Chamber Choir, sous la direction de Tõnu Kaljuste, qui ont tous fait le déplacement depuis l’Estonie ; dans la salle, outre Arvo Pärt lui-même, pré-ovationné quand il s’est levé pour saluer depuis le parterre, il y avait aussi l’ambassadeur (et environ la moitié de l’Estonie dans le public : pour le cocktail de rigueur, largement de quoi retarder le retour d’entracte).

Pour Fratres (encore une fois en version sans piano, simplement cordes-percussions), Harry Traksmann, premier violon, s’improvisait en soliste maison. Puis le magnifique Cantus in Memory of Benjamin Britten, dont on ne se lasse pas non plus. La suite était néanmoins plus originale. Déjà, avec un Adam's Lament au choeur très fort. Puis un Salve Regina tout aussi profond. Et enfin un quasi-grégorien Te Deum. Le tout magnifique. Standing ovation. Le compositeur fait tout le tour pour arriver à monter sur scène. Joie et liesse. Et comme il est tard, le chef a réservé une surprise, la berceuse estonienne que Pärt avait composé pour Savall. Splendide.

La file d’attente pour la dédicace a fait une bonne heure.