Avec « Galveston », adaptation d’un roman éponyme par son propre auteur (Nic Pizzolatto), Mélanie Laurent, qui passe de plus en plus derrière la caméra (quatrième long), tourne un thriller entièrement à l’américaine, en anglais, dans un trou paumé du Sud des USA (Géorgie ? Nouvelle-Orléans ? À Galveston, dans tous les cas), avec des gens paumés, dans les années 1980. Un film dans la veine de Mud (ou autres). Un anti-héros bourru, colérique, bandit, assassin, qui collectionne les galères, mais au grand coeur — Ben Foster, à l’interprétation remarquable. Il décide d’aider une fille encore plus paumée que lui, mais en qui il croit, comme une sorte de rédemption alors qu’il se croit condamné. Elle Fanning en pute, décidément mon amour pour Mélanie Laurent n’a plus aucune borne (notons que nous avons le même âge, je ne doute donc point d’un effet supplémentaire de corporatisme inconscient).

C’est réalisé dans le style « la caméra qui bouge un peu », ce n’est pas bien inventif, le scénario n’est pas non plus révolutionnaire, mais ça fait très bien le job. Challenge relevé. Même si évidemment j’aime admirer la plastique de Mélanie Laurent, la savoir accéder peu à peu au cercle fermé des réalisateurs de talents, et extrêmement restreint des réalisatrices, me remplit de joie. You’re the boss, Mélanie. Keep it that way!