« Girl » est l’histoire d’une ado particulière. Partant de là, les ligues transsexuelles remontées contre le film (ou sa popularité, allez savoir) deviennent hors sujet. Certes l’héroïne est un héros biologique ; mais le film de Lukas Dhont n’a semble pas prétention à parler pour tous les cas de ce pouillème de la population se sentant mal né. Même s’il n’est pas bien clair que « l’histoire réelle » qui l’a inspiré n’ait pas une approche extrêmement naïve. En revanche, on pourrait peut-être reprocher un peu la facilité de traitement, avec cette tarte à la crème qu’est la danse (où l’on torture volontiers bien son corps, comme chacun sait — clichés-pas-si-clichés), et l’art d’éluder les clés complexes grâce à l’introversion de l’héroïne, qui permet toutes les scènes semi-contemplatives possibles — sur un fond facilement larmoyant.

C’est donc bien fait, mais un poil frustrant — une fois que l’on dépasse la prime-au-sujet (comme c’est aussi le cas avec les films gays et lesbiens, adorés par la critique par défaut). Le rare épisode sur les violences morales entre ados (on se disait à un moment que la Belgique, alternant entre deux langues, était peuplée de bisounours !) est ainsi expédié assez rapidement. En fait, le film brille surtout par l’exceptionnelle interprétation de son acteur principal, Victor Polster, qui une fois transformé en danseuse accède facilement au statut de bonnasse incontestable (de 15 ans). Il est sûr de vouloir garder son pénis IRL ?