Après Ida, on attendait un nouveau Pawel Pawlikowski avec impatience. Il nous refait du noir et blanc ; ça vaudrait le coup de se demander ce que ça donnerait en couleur (on peut être Polonais et en couleur, si si !). « Cold war » est en France un titre à consonance plus internationale que l’original « Zimna Wojna » ; et un prix de la mise en scène à Cannes comme visa.

Pawlikowski dresse encore un très beau portrait de femme, avec une actrice qui crève l’écran, Joanna Kulig. Zula entretient un amour tumultueux avec Wiktor, le chef d’orchestre qui l’a recrutée comme artiste dans une troupe à la gloire de la culture populaire, en plein communisme des années 1950. C’est même essentiellement Tomasz Kot, que le film suit finalement, puisque c’est lui qui attend, qui cherche, qui rattrape et perd une fille compliquée dans la plus pure tradition des ENFP de compétition (à mon avis) (on ne voit qu’elle, elle rit et pleure par phase, border line, tendance à l’emphase, intelligente, douée, auto-destructrice, inutilement compliquée, délurée : ça remplit parfaitement le tableau). Ça dure comme cela une bonne quinzaine d’années, entre la Pologne et la France (avec une petite ellipse slave).

Du vrai bon film romantique tumultueux. À peine 1h27, mais si bien mené qu’on a l’impression que tout est accompli.