Première fois à Singapour. Cela fait très longtemps que je veux voir ce qui se cache derrière la carte postale du Marina Bay Sand et sa piscine à débordement gigantesque posé sur trois bâtiments bien hauts — ce qui est suspect étant qu’on ne voit généralement que cela. C’est bien différent de Hong Kong ! Moins impressionnant, plus calme aussi. Aéroport étonnamment lent et pas bien optimal, pour une destination qui se veut business. Et puis c’est fort calme dans l’ensemble (aucune sirène, jamais !). C’est reposant par essence. « Work harder, shop harder », lit-on dans un des très nombreux malls (encore plus nombreux, délirants et gigantesques qu’à Hong Kong !), et pourtant à 17h30, tout le monde sort du boulot ; à 19h, lorsque tombe la nuit, les bureaux sont fermés ; après 20h ou 21h, il devient difficile de dîner, et les malls ferment en dernier vers 22h. Tranquille.

L’urbanisme est hérité de ce qui se fait sur cette partie de l’Asie du Sud Est, mais dans ce qui se fait de mieux, et surtout de toujours très propre. N’importe quel trottoir, n’importe quels toilettes (avec sa tablette pour noter l’endroit), n’importe quel méta-bouiboui, tout est immaculé, nettoyé plusieurs fois par jour. Et les parcs, immenses, des bouts de forêt dans la ville (et non autour, comme à HK), des arbres absolument partout, même sur les immeubles, pour faire de la ville un jardin, dit le slogan.

Et puis la fameuse diversité de la population (et de la cuisine — impossible d’y mourir de faim, on mange d’ailleurs pour tellement peu cher et tellement dehors qu’on se demande si le local peut se faire à manger chez lui ; en revanche c’est souvent frit et donc peu digeste, à moins de mettre bien plus cher dans de l’européen). Tout le monde parle anglais, même si c’est plus difficile pour certains. Une skyline grande mais plutôt médiocre en qualité visuelle — et où l’on ne sent pas du tout l’importance du milieu financier, contrairement à la City ou à HK —, avec cependant des bâtiments qui ont l’air tous neufs. Des ruelles rigolotes et très colorées qui se nichent un peu partout. Un aspect parfois un peu trop hétérogène et pas bien fini cependant (ça fait penser à la maladie Toronto, parfois) ; on passe rapidement du kitsch indien à un quartier fort arabisé, le Chinatown de l’autre côté d’un quartier business où l’on a dû mal à se restaurer, alors que le Marina Bay n’a rien à voir avec le reste de la ville. Pas si ultra-moderne qu’on veut le faire croire, encore de nombreux endroits « cash only », des trains pas tous automatisés, une place encore très prépondérante de la voiture (et être piéton est assez compliqué, même si de nombreux passages couverts existent pour relier les bâtiments et se protéger des pluies diluviennes), qui d’ailleurs sont certes récentes mais ni luxueuses, ni électriques (et encore pas mal de deux roues !).

Mais dans l’ensemble, une facilité de vie assez impressionnante, qui en fait un endroit réellement désirable, qui ne peut pas déplaire. On sent une atmosphère recherchée pour le bien de la population, pour que ça marche. Et c’est déjà énorme en soi.