La sortie de « bohemian rhapsody » au cinéma, biopic du groupe Queen fort centré sur Freddie Mercury, annoncé quelques semaines en avance avec force diffusions de la bande-annonce, était une surprise pour quiconque n’avait point suivi les aventures méandreuses du projet initié, de ce qu’il me semble comprendre, par Brian May, la tête pensante du groupe, quelques années auparavant. Le casting a mainte fois changé, mais là encore, seul le résultat compte, et finalement Rami Malek emporte le morceau et la critique (et aussi Lucy Boynton, la découverte, qui joue Mary Austin, la femme-de-sa-vie de Farrokh-Freddie — dont les relations deviennent un peu plus compliquée à la mi-1970s, quand l’évidence se fait plus évidente, à savoir un penchant fort gay du chanteur).

En revanche, la réalisation de Bryan Singer (aussi dans la douleur ?) emporte moins la critique, mais totalement le coeur du public, certainement emballé par la narration claire (et évidemment simplifiée pour que ça rentre dans 2h13, et ce quand bien même on s’arrête en 1985 — exit Highlander et show must go on, mais We are the champion de justesse), et forcément, la mise en scène et la musique très bien mise en valeur, outre les nombreux moments croustillants qui émaillent le scénario. Et force est de constater que ça marche ! Peut-être pas du grand cinéma, mais ce n’était pas forcément non plus dans le cahier des charges — et l’exercice n’est jamais très aisé en soi.

Ce qui est cependant le plus ironique est que le chef d’oeuvre Bohemian Rhapsody — que j’ai découvert avec Queen quelques années après l’album solo posthume de Freddie Mercury, apporté par je ne sais plus qui à l’école primaire en 1992 ou 1993, et qui a été immédiatement un des premiers chocs artistiques de ma vie —, dont il est bien raconté comment sa longueur et complexité était un handicap marketing qui lui avait aussi valu de très sales critiques, n’est jamais diffusé en entier le long du film, pas même au générique !