Suite à un malentendu de dates assez épique, l’agenda s’est trouvé tout bousculé — un comble. Après moult calculs, il s’est avéré que le plus simple était d’agrandir le séjour Singapour et réduire Kuala Lumpur. Bonus avec le changement de dates — pour 30€ de plus d’avion : un Shangri La à KL !

Singapour recèle des jardins/parcs/forêts en pleine ville assez extraordinaires. On n’y accède pas forcément toujours bien facilement (quoique de nouvelles lignes de métro vont bientôt apparaître), mais force est de constater qu’ensuite l’aménagement intérieur est extraordinaire. L’inverse de HK où la nature est à l’extérieur de l’urbanisation, gigantesque, mais encore très sauvage. À Singapour, on peut avoir quelques kilomètres de passerelles à une bonne douzaine de mètres de haut. Pas de soucis.

En revanche, certains quartiers sont vraiment dans le mood de l’Asie du Sud-Est, encore dans le jus originel. Le quartier malais, probablement le seul animé après 22h, est un sympathique ensemble de rues vivantes où le trottoir n’existe pas forcément. Mais chez les Indiens, c’est encore le niveau au dessus : ça devient assez roots…

Kuala Lumpur est déjà un bon cran en dessous du développement de Singapour, mais très clairement sur ses traces. « Moins de Chinois », me souffle-t-on : ça explique le retard. Les tours Petronas sont splendides. On ne leur donne clairement pas 20 ans. Les bouibouis ont disparu dans l’ensemble, mais on sent qu’on n’en est pas loin non plus. Sur un très large pan de la ville, des gratte-ciels poussent à profusion. On ne compte pas les grues. On construit à l’asiatique : parfois des barrières de protection, souvent pas ; on coule le béton en tongs ; on n’a pas forcément de casque ; n’empêche que la qualité est au rendez-vous. La circulation piétonne est encore compliquée. Il n’est pas rare de manquer de trottoir, ou de devoir faire des détours gigantesques parce que l’urbanisme n’est pas totalement bien pensé, ou qu’il y a des travaux. Le métro est semi-praticable ; comme à Bangkok ou au Japon, plusieurs compagnies, plusieurs systèmes, des trains de proximité avec des cadences catastrophiques, des rames trop courtes, et surtout des gares et un achat de tickets qui s’apparentent à l’escape game (très mauvais point).

C’est parfois défraichi, parfois pas bien fini, parfois splendide et poétique — le parc derrière les Petronas avec jets d’eau en musique, le grand jardin botanique, et même les célèbres grottes pleines de machins indiens. Pays adolescent, qui a poussé dans tous les sens, et qui n’a clairement pas fini sa croissance. Ils n’ont en tout cas peur de pas grand chose, si ce n’est de rien. Kuala Lumpur, c’est la découverte un peu sous-estimée, où il faudra certainement revenir, pour traîner un peu plus, continuer de manger pour pas cher (mais compliqué de trouver du non-épicé, même si on sent qu’en fouillant un peu, on peut probablement encore plus s’amuser qu’à Singapour), et évidemment, profiter d’un superbe Shangri La à 100 balles la nuit…