Paul Agnew, qui prend de plus en plus la direction des Arts Florissants, fait lui aussi des discours, comme Marc Minkowski quelques jours auparavant à la même Philharmonie, alors qu’avec mon binôme usuel Hinata-chan, nous étions encore une fois dans les hauteurs (et un peu dans les microbes résiduels). Je ne sais plus trop ce qu’il nous a dit, mais il avait pas mal de choses à nous raconter, probablement sur le programme sur-mesure concocté autour d’oeuvres de Charpentier, qui faisaient intervenir les solistes (Elodie Fonnard, dessus ; Natalie Pérez, dessus ; Nicholas Scott, haute-contre ; Thibaut Lenaerts, ténor ; Cyril Costanzo, basse), tandis que les oeuvres intercalaires portaient parfois le même nom. Pas tout compris, et difficile à suivre durant le concert. À un moment, on lâche l’affaire et on se laisse porter. Ça vaut mieux.

Pour « La nuit de Noël » (avant l’heure), on commence donc par du Marc-Antoine Charpentier, Noël pour les instruments / H.534/4. Puis du Guillaume Bouzignac, Dum silentium — compositeur franchement inconnu qui est arrivé à surclasser notre héros. Encore Charpentier, Noël pour les instruments / H.534/3. Puis un chant anonyme, "Joseph est bien marié" à 4 voix. Encore Bouzignac, Ave Maria. De nouveau Charpentier, Noël pour les instruments / H. 534/6. Tout à coup, une thématique pucelle, par Eustache du Caurroy : « Une jeune pucelle », suvi de « Fantaisies sur une jeune fillette ». Encore Bouzignac, « Noé, noé, pastores » (« Noé » étant une sorte d’interjection). Et on termine logiquement par Charpentier, trois oeuvres : Magnificat / H.79, Messe de Minuit pour Noël et enfin Ave Regina caelorum.

Ouf. C’était très beau. Troisième concert de la Philharmonie pour nous convaincre que rester dans ce pays pourri a quand même des avantages (même avec une accompagnatrice en mode « biological hazard »).