Quand on part 5 semaines en Asie et qu’au retour, un film est encore à l’affiche, c’est que finalement, ça vaut peut-être la peine d’aller le voir. Il y avait encore bien du monde dans la salle pour « Le grand bain », le succès français du moment par l’improbable Gilles Lellouche à l’écriture et la réa.

Il faut d’abord une belle brochette d’acteurs emmenée par un Mathieu Amalric complètement dépressif : Guillaume Canet (en mec vénère), Benoît Poelvoorde (entrepreneur décadent), Jean-Hugues Anglade (rockeur trop vieillissant), ou encore Philippe Katerine (un espoir pour tous les gens moches : le mec a épousé Philippe Katerine, il saute Julie Depardieu, et dans le film on sent bien que Virginie Efira n’est pas indifférente ; je vais me mettre à pousser la chansonnette). On rajoute encore quelques messieurs dans la bande de natation synchronisée masculine, et deux autres éléments féminins avec Leïla Bekhti comme tyran en fauteuil roulant et Marina Foïs comme femme de notre héros à famille de beaufs.

Thématique : la province et les paumés. Genre gilets jaunes en devenir. Un Full Monty des classes moyennes à la dérive (la ressemblance est évidente). C’est fort bien mené et mordant à souhait, avec une belle dimension d’absurde et de critique sociale. Et tout de même moral, donc on est sauvés.