« Une affaire de famille » possède la rare qualité d’être une palme d’or regardable, et même agréable. Hirokazu Kore-eda a déjà tourné sur la face B du Japon (« Nobody knows », notamment, il y a fort longtemps). « Manbiki kazoku » en VO, soit grosso modo la famille des vols à l'étalage (titre qui apparemment n’avait pas sa préférence marketing), nous fait suivre le quotidien d’une agrégation de gens peu recommandables mais au grand coeur. Ils adoptent notamment une petite Juri toute choupie qui trainait dans le voisinage avec des parents particulièrement paumés. Et continue de vivre chichement à travers des extorsions diverses et variées. Deux bonnes heures assez contemplatives, mis à part le bordel relatif de la fin (avec quelques révélations). Ça ne révolutionne pas grand chose, ça tourne souvent en rond, mais ça fait le plein de sentiments (assez ambigus), ce qui permet de qualifier le film pour tout un tas d’honneur — mais je ne pense pas qu’il reste longtemps dans les mémoires, comme beaucoup de Palmes.