Avec The Happy Prince, du titre d’une fable racontée tout au long du film, Rupert Everett crée un film sur Oscar Wilde qu’il interprète aussi. Autant dire qu’il fait tout — avec le support de Colin Firth, Colin Morgan et Edwin Thomas. Il se concentre sur les dernières années de l’auteur, celles où il est banni, où il ère rapidement ruiné entre la France et l’Italie, et où il mourra à Paris. Celles bien après le succès fou en Angleterre, achevé dans une époque de faux-culs qui le feront tombé de son piédestal pour ses pratiques homosexuelles débridées, pour le trainer dans la boue, sous les crachats, pendant deux années de travaux forcés.

Évidemment, il y a toujours la fulgurance d’esprit de Wilde, même ruiné et shooté, tournant à l’absynthe et à la coke. Mais il se désagrège. Le génie ne sauve pas, bien au contraire, surtout que notre homme est un sentimental border-line, manipulant son monde autant qu’il se fait lui-même manipuler… Tout cela n’est pas très sain. Apparemment, le film divise beaucoup la critique — et ne semble pas jouir d’un grand succès. Pourtant, c’est un sacré biopic et un sacré projet porté par Rupert Everett.