Sachions-nous que le violinniste Maxim Vengerov pouvait attirer tel public nombreux de n00bs ? Philharmonie très bien remplie, et pas si facile de se trouver une place avec la souris, qui malgré les compositeurs pas-sa-tasse-de-thé, était elle aussi venu pour le génie au Stradivarius, interprète de son chouchou Ysaÿe.

Ça commence par la magnifique Partita n° 2 BWV 1004 de Bach au complet — ce que n’ont pas compris quelques membres du sanatorium servant de public et commençant à applaudir beaucoup trop tôt… Puis Roustem Saïtkoulov complète notre héros au piano, et ne le quittera plus. D’abord pour la Sonate pour violon et piano en si bémol majeur K 454 de Mozart, puis après l’entracte une Fantaisie de Franz Schubert et enfin du Brahms : Scherzo, suivi des toujours délicieuses Danses hongroises (n°1, 2 et 5).

Mais ce sont les bis qui furent un point d’orgue. Aussi rares que fabuleux. Sonate pour violon en mi mineur op. 82, Romance, Andante, d’Edgar Elgar. Puis Sonate pour violon et piano, II Blues, de Ravel. Deux découvertes qu’il faudrait pouvoir se noter quelque part pour ne pas les oublier ! Touché par la grâce, le public, qui s’était exclamé à l’annonce du deuxième bis (qui doit donc probablement figurer sur un disque enregistré par Vengerov…) en a presque oublié de cracher ses poumons. Le pouvoir thaumaturge de la musique.