Cela faisait dix bonnes années que Paris n’avait accueilli de symphonie des mille de Mahler, la n°8, certainement la plus rare, car il faut rentrer 1000 choristes. En théorie. Car on est peut-être dans la géante philharmonie, mais sur les 400 places d’arrière-scène, ça ne rentre pas. Je dirais même plus : j’ai compté, ils étaient 200, du Philharmonischer Chor München, de l’Orfeón Donostiarra et du Augsburger Domsingknaben. C’est pas si mal (ça remplit quelques avions !), et après tout, avec l’histoire des décibels, ça ne peut-être qu’une importance toute logarithmique.

Au-dessus du choeur, des cuivres savamment postés par Valery Gergiev pour un effet Dolby surround (et aussi des placements ponctuels de solistes dans le public). Sous le choeur, de nouveau le Münchner Philharmoniker, qui aura donc enchaîné quatre heures de Mahler dans le week-end. Bel effort.

Sept solistes (Simone Schneider, Jacquelyn Wagner et Regula Mühlemann chez les sopranos ; Claudia Mahnke et Katharina Magiera pour les altos ; Simon O'Neill, ténor ; Michael Nagy, baryton ; et pour finir en beauté, Evgeny Nikitin, basse). Un (vrai !!) orgue (Johannes Berger), un piano, un célesta, et encore un harmonium, tout ce qui est passé sous la main de Mahler a pu être mis à profit.

Commencer à 16h m’a certes permis d’attraper facilement mon train ensuite, et de me replacer pas si difficilement aussi, alors que c’était tellement plein que je n’avais initialement pas de place. C’était sans compter sur les retardataires fort nombreux, arrivés par lots jusqu’à une heure après le début ! Pas forcément très discrètement, du reste…

Sublime. Des frissons, et encore des frissons. Dans cette salle, ce n’est pas donné ! Quelle oeuvre, quels interprètes ! L’éternel gergévien nous mènera aux cieux.