Un Rigoletto au Metropolitan Opera, why not. Il y a des places « à pas cher » (ceteris paribus). Si l’euro n’était pas si faible, après tout, ça ferait dans les trente balles. Pour ça, on se retrouve assez au fond, avec d’autres Français et des Ritals pénibles. En plus l’acoustique n’est pas top. Mais le MET a la même politique tarifaire débile que l’opéra de Paris, et se retrouve avec une salle à moitié vide : pour un Verdi aussi connu, ça mérite des applaudissements… Après replacement plus bas, c’est bien mieux.

Sur scène, c’est Vegas de la grande époque ! Ça n’est pas absurde, et même plutôt bien fait, entre la mise en scène de Christine Jones et les costumes seventies de Susan Hilferty (même si parfois ça pique les yeux : il y a même un avertissement sur les effets stroboscopiques de Kevin Adams). Sur les sous-titres de pupitres individuels, où le français n’est pas disponible (contrairement à l’allemand !), on se permet quelques fantaisies de transposition, et ça parle notamment de Cheikh et d’Arabe… C’est marginal mais osé…

Le programme ressemble à un magazine. On y trouve un peu de tout, outre l’oeuvre (il doit y avoir quinze pages de mécènes divers et variés — et ça ne monte pas si haut que ça dans les dons !). De toute façon, on connaît l’histoire. Dans la fosse, Nicola Luisotti, très bon boulot. Notre héroïne Gilda : Nadine Sierra ; pour Rigoletto, Roberto Frontali ; et dans le rôle du duc, Francesco Demuro. Aucune idée de qui ces braves sont (idem pour les deux rôles annexes, Maddalena par Ramona Zaharia et Sparafucile par Štefan Kocán). Comme quoi, on a beau être au Met, sur du méga-hit, on peut être un illustre inconnu. Mis à part le duc qui a fait quelques frayeurs — mais ça passe ! —, tout le monde a fort bien assuré son rôle. Rien d’exceptionnel, mais très bien.