Une fois qu’on cramé la moitié de l’univers, c’est pas comme si on avait réellement le choix d’un point de vue scénaristique : un retour dans le temps s’impose. La question qui restait réellement depuis un an était : comment ? C’est là où le deuxième volet du troisième (donc quatrième ?) et dernier Avengers devient plus original. « End game », que ça dit : on sort du déroulement classique et balisé des scénarios usuels pour donner dans le feu d’artifice final et les surprises (dans le déroulement et dans l’évolution des personnages — Thor et Hulk étant les meilleurs du genre). Y’a dû y avoir du brainstorming dans les équipes…

Baroud d’honneur au programme. À la fois dans la rétrospective et dans la bataille géante avec tout le monde dedans (il y en a quelques uns que je n’ai pas identifiés…). Depuis quelques temps, on avait compris que Marvel avançait ses pions dans un enchevêtrement (Shield & Hydra en sous-jacent) qui faisait qu’il était une mauvaise idée de rater un ou plusieurs films de la franchise (quoique ?) — bingo, la petite dernière Captain Marvel est une deus ex machina dès le début de l’épisode (elle avait piscine avant). Et à chaque fin de générique, il y avait une petite séquence passablement incompréhensible (relatives aux pierres d’infinité, en réalité) : elles prennent enfin sens des années plus tard.

Le talent des scénaristes s’est tout de même heurté aux limites de l’univers : ça devient intergalactique, il y a des Dieux, des matières bizarres, c’est le bazar. À un moment, on a fait le tour de la question et la surenchère frôle le ridicule… Est-ce le tout dernier épisode ? La poule aux oeufs d’or est-elle sacrifiée dans sa vigueur, avant de mal vieillir ? Ce sera en tout cas le dernier cameo de Stan Lee — en chauffeur, nous dit le générique, qui n’aura pas eu de séquence supplémentaire. Un extraordinaire enchevêtrement cohérent d’arcs narratifs de plus de 10 ans. Chapeau.