Il y avait un Wayne McGregor à l’opéra Bastille, un dernier spectacle dansant dont les vidéos étaient alléchantes : Tree of Codes. Pas énormément de possibilités sur l’agenda : ça laissait samedi, avant le feu d’artifice, puisque 1h15 en commençant à 19h30, ça libère aisément le reste de la soirée. 19h30 ? 19h37 ! Les jeunes ouvreurs ont été briefés : on laisse entrer les retardataires et les entreprises de ninjaïsation sont repoussées jusqu’à l’absurde, à savoir laisser sciemment des places vides dans le public. Résultat, avec la souris, on doit grimper en 2ndes loges alors que le spectacle commence, pour s’apercevoir que depuis les places vendues sans aucune notification sur le billet, on ne voit strictement rien. Service public. Après avoir mis au point un stratagème diabolique, sur le chemin, on trouve finalement deux places de premier rang en galerie ; ça coupe une partie du fond de la scène, mais c’est déjà ça ; heureusement, beaucoup de choses se passent devant, mais il y a aussi quelques séquences très en arrière, qui à mon avis n’étaient pas non plus accessibles aux places de face trop éloignées.

McGregor nous met en fond musical du Jamie xx, c’est techno et très bien, mais c’est plaqué à 90% du temps, analyse la souris qui — c’est son superpouvoir — explique fort bien l’absence de sentiment d’implication. On voit des choses, c’est bien, même très bien, mais ça ne marche pas ; sauf à quelques moments, où l’on se rappelle à quel point ça peut être génial (et inversement, à quel point ça aurait pu l’être). Quand la scénographie souvent superbe d’Olafur Eliasson se synchronise, on atteint la perfection, mais c’est toujours de courte durée.

Six danseurs (trois hommes, trois femmes) de l’opéra de Paris, punis de Singapour et de Mats Ek (qui tourne à Garnier), ont été fusionnés avec six danseurs de la Wayne McGregor Company, de telle sorte qu’on a un peu plus de couleurs — une cheveux-roses et un black ! Pour l’opéra : Valentine Colasante (caution étoile), Lucie Fenwick, Nine Seropian (enchanté, on ne se connaît pas ?) et François Alu (ah c’était lui !), Julien Meyzindi (dont c’était la dernière ! D’où les cotillons ?), Sébastien Bertaud. Pour les invités : Catarina Carvalho, Eileih Muir, Daniela Neugebauer, et Dane Hurst, Luke Ahmet, Travis Clausen-Knight, Louis McMiller, James Pett.

En bref : ça aurait pu être un chef d’oeuvre, ce sera une banque d’extraits et une source de regrets.