Mon amie guide-conférencière devant faire un repérage pour une cliente privée, nous avions au programme deux musées : Rodin, où je n’étais retourné depuis longtemps, et Picasso, où je n’étais jamais allé. Côté Rodin, RAS, si ce n’est que c’est toujours fort agréable et que les nouvelles animations explicatives sur la réalisation des plâtres en série et des bronzes est fort intéressante.

Côté Picasso, en revanche, c’est le drame ! Quasiment toutes les oeuvres ont été envoyées à Pékin, et tout a été remplacé par du Alexandre Calder. Avec ses mobiles, qui préfigurent (ou reprennent ?) les hochets suspendus pour bébés, mais en mode géant. Panique à bord, ce n’est pas du tout ce qui était prévu pour la cliente, appel à l’aide à un guide qui traîne dans le coin, et qui nous donne quelques parcours et remplissage de vide. C’est même le cas de le dire : il part d’un taureau que Picasso évide au fur et à mesure jusqu’à tomber sur le minimum vital de traits qui font l’essence du taureau. Calder, c’est l’inverse : il remplit le vide minimal et c’est à nous d’imaginer des choses. Mouais. Franchement, à part quelques visages par fils suspendus, c’est inintéressant au possible. Et les sculptures de Picasso par pliage (donc le plan qui devient espace — contrairement à l’espace qui devient plan ??), c’est pas fou fou non plus. Bref, naze. On se tape quand même quelques fous rires.

Ça n’empêche pas le musée de vendre des billets assez cher (mais pas aux malins — que ne sauraient être les touristes) alors qu’il y a clairement tromperie sur la marchandise. On trouve des visiteurs assez hagards dans les belles salles du beau bâtiment du Marais, en pleine dissonance cognitive pour ne pas crier à l’arnaque. Surtout que les deux artistes ne se croisaient jamais et se détestaient cordialement. C’est dire…

Parmi le public, de très jolies filles aussi, comme chez Rodin. Mais dans les jardins, elles étaient plutôt seules, alors que dans le Marais, elles étaient toutes accompagnées. C’était la seule différence d’importance. On privilégiera donc Rodin dans tous les cas.