Ça ne sonne pas si mal, comme traduction littérale ! Mais « can you ever forgive me? » fait partie de ces films qui ont souffert d’une traduction plus libre pour des raisons marketing finalement totalement vaines. Déjà parce que « les faussaires de Mannhatan », ça sonne comme les braquages à l’Italienne, à l’Anglaise, à on je ne sais quoi. Bref, ça dessert plus qu’autre chose. En plus c’est faux, de faussaire il n’y en a qu’une,  une vraie, (feu) Lee Israel, auteur de biographies reconnue mais non connue, pointue et spécialiste, totalement introvertie, totalement acariâtre, misanthrope, alcoolique, mal aimable, cultivée et grossière, à l’hygiène plus que de douteuse — son binôme est de la même eau, tout aussi gay, mais il est encore plus branleur tout en étant plus dandy et déluré.

Qui dit Mannhatan, de nos jours, pense 30k$ du m2. Mais à l’époque, début années 1990, la 82e (qui est pile à hauteur du MET, pour info), c’est plutôt pauvre — côté Ouest ? Pour s’enrichir, il suffisait d’acheter et d’attendre. Mais Lee Israel est au bord du gouffre financier, et c’est à ce moment qu’elle se découvre un don : pouvoir écrire de la correspondance comme celle d’auteurs côtés ; en tant que biographe, elle connaît parfaitement les vies, styles, et avec un peu d’astuces, ça passe comme une lettre à la poste. Elle en fera dans les 400, en tout. Un tas de pognon, avant de se faire pincer.

Melissa McCarthy dans le rôle de l’anti-héroïne et Marielle Heller derrière la caméra forment un tandem (complété par Richard E. Grant) fort prolifique, pour l’adaptation du roman autobiographique de Lee Israel. Mais il ne semble pas que le film ait réussi à se vendre : dommage, lui au moins était original !