Le jeu de paume accueille une exposition Sally Mann jusqu’en septembre, et il était donc temps de s’y presser avant la rentrée surchargée. Les célèbres photos familiales esthétisées de ses enfants généralement nus sont assez rapidement expédiées en deux petites salles initiales, et rapidement « a thousand crossings » passe sur les autres thèmes plus méconnus de Sally de Virginie, une idéaliste philanthrope rentière au milieu du racisme du Sud, découvrant que l’Eden peut cacher aussi bien des vilaines choses — et pas seulement du passé.

Paysages capturés au collodion, avec vraies fausses tâches et imperfections souhaitées, autres paysages chargés d’histoire mais cette fois d’un réalisme saisissant — quoique toujours en noir et blanc, comme tout le reste de l’exposition d’ailleurs —, et de nouveau ses proches, celle qu’elle considère comme sa mère, la servante (noire) Virginia — décidément, et nom aussi donnée à sa cadette —, son mari qui souffre dans sa vieillesse de déformations musculaires, et puis des portraits, encore au collodion, avec très longues pauses de nouveaux de ses enfants. Il y a de grands formats, et quelques vidéos documentaires. Sally Mann face B, on peut se sentir un peu perdu quand il n’y a pas les grands « hits » de la photographe.

Au rez-de-chaussée, Marc Pataut fait aussi dans le grand format généralement en noir et blanc, mais cette fois il alterne entre le gauchisme engagé et les corps déformés — dérangeant. Pourquoi pas, mais on ne serait pas forcément spécifiquement venu pour cela.