Victor Julien-Laferrière est l’étoile montante du violoncelle et ça tombe bien parce qu’il est français. On ne tarit pas d’éloge à son égard dans le petit monde musical, mais je ne l’avais jamais entendu en live, et vaguement d’une manière générale — à tel point que ça ne percutait pas beaucoup à son nom quand j’ai été convié au parc floral pour le concert estival du dimanche. Il était accompagné de Théo Fouchenneret au piano, qui ne démérite pas mais ne génère pas autant d’attraction — d’autant que Laloum la veille avait paraît-il été hyper-exceptionnel, dans la catégorie bébé-étoiles dont-on-entendra-parler.

Au programme du duo, d’abord un Mendelssohn, Sonate pour violoncelle et piano n°2 en ré majeur op. 58, sous un Soleil de plomb, parce que l’ingénierie française doit quand même tenir sa réputation, c’est-à-dire faire des choses très belles et très compliquées totalement inutiles car mal pensées. En l’occurrence, le protège-soleil est tellement mal orienté qu’il ne protège de pas grand chose, et à 16h, on cuit. Sinon, c’était du Mendelssohn — la souris dirait que c’était aussi assommant que le Soleil.

Ensuite, Stravinsky, Suite Italienne pour violoncelle et piano, et c’est autre chose. Une demi-heure aussi, grosso modo. Une partie du public a fondu, mais les survivants sont plus attentifs. Ça gesticule moins dans les rangs. Plus personne assis par terre à l’ombre, dans le couloir. On se sent bien pour attaquer la dernière pièce, une magnifique sonate pour violoncelle et piano de Grieg, avec plein d’auto-citation. Problème : le Soleil continue de tourner, et alors qu’on avait conquis un trou laissé post-Mendelssohn, on cuit à nouveau. Dur.

À tel point qu’on se demande s’il est raisonnable de rester pour le bis, mais l’annonce du Silence de la forêt de Dvorak fait rester attentif. À la fin, on a perdu 10 litres d’eau, on a frôlé l’insolation, mais on est un peu heureux. L’acoustique est moins mauvaise que les jours de vent d’avant, mais c’est au prix d’une sonorisation qui brise forcément la qualité de l’écoute. Bref, il faudra se refaire ça dans une vraie salle.

Est ré-annoncée qu’il y aura une conférence-écoute « en allée 13 ». Évidemment, il n’y a aucun plan nulle part. C’était en fait sous les arbres, derrière. Le temps de faire un bon détour (par des bonsaïs, charmant !) avec un ami (et sa mie russe), on se retrouve par terre (tragédie des communs des transats) à écouter une interview journalistiques de notre héros Laferrière le jeune (29 ans ?), qui nous raconte ses aventures au concours de la Reine Elisabeth qu’il a remporté avec le Concerto pour violoncelle n° 1 de Chostakovitch qui tétanise les membres (pas un truc de bras cassé) ; mais pas que (petit retour sur son court parcours post-bac+9 par morceaux, de ses origines familiales pan-musicales, etc.). Manque de casques, pas d’écoute pour nous. Apparemment, il fallait là encore attendre les désistements, d’après le débrief de B#4 qui était planquée avec sa progéniture. Damned. Apparemment, ça ne s’improvise pas, ces activités gratos de plein air…