La souris ayant fortement trié ses soirées à la Philharmonie, je pensais donc qu’elle connaissait le programme : que nenni, c’était une heureuse trouvaille ! Pour ma part, j’étais sûr de l’avoir déjà entendu au concert, mais apparemment, pas du tout. C’est pourtant quelque chose que j’ai en disque depuis très, très longtemps. Parce que c’est une sacrée partition, Les Planètes de Holst. Je pense que tout le monde en connaît un bout, mais ce n’est clairement pas assez connu, pour le nom, pour remplir la salle. De quoi se replacer idéalement juste derrière la barrière du parterre, couloir jardin — parterre rempli par un replacement forcé des seconds balcons et de l’arrière-scène (qui n’a probablement pas même été mis en vente en prévision du choeur), causant un embouteillage porte 2C et une petite panique.

L’orchestre de Paris a aussi fait appel à une cheffe inconnue par nos contrées mais fort décorée, au style jedi qui bouge beaucoup : la finlandaise Susanna Mälkki. Pour attirer la foule, la programmation comptait peut-être sur le méga-hit qu’est le concerto pour violoncelle de Dvorak, avec Edgar Moreau derrière ledit violoncelle. En bis, la suite n°3 pour violoncelle de Bach.

Et donc, après l’entracte, l’immense oeuvre de Gustav Holst, Les Planètes, aussi peu donné qu’ultra-connu… si ce n’était son nom. Une grande inspiration de musiques de films, en premier lieu Star Wars — on parle d’influence de Debussy, Ravel, Stravinski et Schönberg, mais j’y vois surtout du post-Bruckner et du para-Elgar ! En 1917, frappant de modernité. Il n’y a pas que l’orgue qui soit original dans le dispositif : il y a aussi le choeur de 36 jeunes adolescentes (Jeune Choeur de Paris et Maîtrise de Paris), placées en arrière du parterre, pour un encore plus superbe effet ! Nous aurions dû réserver pour les deux soirées…