Comme d’habitude ces temps-ci, la Philharmonie n’était pas bien remplie — même si on a vu pire. Avec la souris, exceptionnellement présente, on a pu se replacer dans un bon trou sur le côté. Pourquoi la présence souristique ? Manifestement pas pour Ma mère l'Oye de Ravel qu’elle découvrait non sans déplaisir. Ni pour la création de Qigang Chen, « Luan Tan » — totalement inconnu. Et l’orchestre National de Lyon était dirigé par Xian Zhang, dont je ne m’étais même pas aperçu qu’il s’agissait d’une femme. En réalité, on venait pour la Symphonie fantastique de Berlioz. Enfin bon, il y en avait eu une par Zubin Mehta même pas un mois avant, et elle était meilleure. Mais il n’y avait pas Saburo Teshigawara et Rihoko Sato pour danser dessus (en alternance puis ensemble). Sauf que ça ne suivait pas les tempi qui changent beaucoup durant l’oeuvre, et finalement, on s’est demandé si cette bande en avant-scène avec les deux danseurs n’était pas plus un élément perturbateur qu’illustratif. Ce n’est pas la première fois, s’est-on alors rappelé, qu’on avait été déçu par Teshigawara, et aussi par ce problème de suivi de musique — problème malheureusement assez courant dans le contempo sur-côté.

Autant dire que la soirée aurait pu être teinté d’un échec relatif amer. Mais en réalité, c’est la deuxième oeuvre qui a bénéficié du produit d’appel. En effet, Qigang Chen, qui était présent dans la salle, avait reçu une commande conjointe de HK et Radio France pour s’inspirer des opéras traditionnels chinois. Ça commence avec des faibles « plop plop » de grenouille, avant que les quatre xylophones ne viennent enrichir les percussions, l’orchestre donnant aussi dans les courtes notes, avec une prédominance pour un thème entêtant à quatre notes. En fait, c’est une structure à la boléro de Ravel, avec une ambiance à mi-chemin avec Chostakovitch (aussi adepte du crescendo comme dans Leningrad, après tout), le tout soutenu par des chinoiseries (avec force cymbales traditionnelles). Excellent !

Comme quoi, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.