« A Woman of Paris » (L’opinion publique, en VF) est le seul ciné-concert de Chaplin qui aura été retenu et qui a moins déclenché la passion des foules. Inutile de se replacer, d’ailleurs : les deux places sur une rangée du fond de premier balcon, avec de très lointains voisins, était très bien. La philharmonie est demeurée en mode salle de cinéma. Orchestre de chambre de Paris et Timothy Brock à la direction.

Annonce écrite : c’est le premier film sérieux de Chaplin sans lui dedans, il est seulement derrière la caméra — et à la partition, réécrite en 1976 (pour remplacer l’originale de Gottschalk), avec complétion de Timothy Brock, justement. En fait, ce film muet de 1923 a plutôt été bide…

Un jeune couple est victime du destin et se voit séparé dans son départ pour Paris. Un an plus tard, Marie est devenu très rapidement riche (pas forcément grâce à son travail… Quoique ?) et est entichée d’un dandy cynique — mon personnage préféré. Jean, de son côté, continue d’être victime du destin jusqu’au bout. On aurait d’ailleurs cru que ce serait le personnage féminin qui aurait été désignée victime idéale. Que nenni.

On rit tout de même la vie mondaine, pleine de scènes gourmandes et d’ironie mordante. Le standard de beauté de l’époque était décidément très éloigné de celui d’aujourd’hui. La reconstitution de Paris est totalement délirante (même le lampadaire n’est pas bon ; et on voit un palmier dans une rue avec bâtiments en brique…). Le drame se termine par un épilogue très moralisateur, c’est bien dommage.

Mis à part ce bémol, le film méritait bien une réhabilitation !