Apparemment, François-Xavier Roth serait fortement pressenti pour prendre la tête de l’orchestre de Paris, mais le problème est qu’il n’ont pas assez de kilomètres ensemble : de fait, ce concert serait l’occasion de vérifier si ça fonctionne bien ensemble.

Pour ce concert, j’ai dû prendre un billet de retour plus tôt que prévu depuis Limoges, passer chez le kiné pour me remettre le bras d’aplomb, et filer à la philharmonie — pas trop mal remplie. Joli replacement côté couloir jardin du parterre, et puis je vois dans le programme que le concert est donné en hommage à Jessye Norman. « C’est sympa », me dis-je. En fait, elle est morte, oups. J’avais manifestement raté. Petit speech du chef qui parle de l’exceptionnelle artiste (mais pas de l’épouvantable femme — « les divas »™), et une minute de silence imposée. Ça n’a presque pas toussé. Comme quoi, quand on veut…

Début avec Anton Webern, Passacaglia, qui commence joliment, mais dont j’ai totalement rapidement décroché. Impossible de rentrer dedans. Je m’en suis un peu voulu, et puis j’ai lu une critique qui disait qu’après les premières mesures prometteuses, le reste n’allait pas très bien (peut-être même à cause de la fameuse minute de silence).

Puis il y a le plat de résistance pour lequel nous étions venus : les quatre derniers Lieder de Strauss. On voit débarquer dans le public une partie de l’orchestre démobilisé, ce qui arrive quand les musiciens ne veulent pas manquer une miette — d’autant plus prometteur que c’était jeudi, donc une rediffusion. Lise Davidsen est l’étoile montante, jeune, élégante, et la team ninja de l’opéra de Paris a même fait un rare déplacement Porte de Pantin — gageons que ce n’était pas la pénible partie du public qui applaudissait trop et trop vite (post-effet minute de silence ?).

C’est une femme géante (elle toisait absolument tout le monde !), avec un gros coffre, et un timbre pas tout à fait plaisant au départ mais auquel on s’habitue vite. Le problème est que très régulièrement les notes basses ne passent pas : cela donne une impression de trop d’amplitude dans le volume, c’est gênant. Le mystère est rapidement résolu dans le public : elle avale les consonne ! Toutes ! Aïe. Dans l’ensemble, c’est mélodieux, mais est-ce pour autant dramatique ? Un spectateur deux rangs devant moi râle : « Elle devrait commencer sa carrière dans 20 ans ». Dur. Gardons un oeil dessus, mais c’était effectivement probablement trop tôt.

Après l’entracte, Petrouchka de Stravinsky : rien à voir (c’est pour diversifier les tests de l’entretien ?), ça manque de danseurs, mais côté musique c’est punchy à souhait, une vraie réussite très encourageante. Je ne sais pas si c’est comme chez Google avec sept ou huit entretiens, mais cher FX, nous vous recontacterons très prochainement. Keep in touch.