Pour Le Freischütz au TCE, il faut venir avec une binôme qui rime, c’est mieux. Facile de s’avancer de plusieurs rangs pour profiter de la mise en scène assez huée — selon une tradition parisienne —, pas forcément parce que Clément Debailleul et Raphaël Navarro (Cie 14:20) à la mise en scène, Valentine Losseau (Cie 14:20) pour la dramaturgie et Clément Debailleul à la coordination artistique, scénographie et vidéo (ça en fait du monde !!) ont eu la maladie commune de ceux qui oublient que dans un théâtre à l’italienne, beaucoup de monde est sur le côté et ne voit pas forcément le fond de la scène. C’est encore moins de chance quand on est côté jardin et que tout se passe là. C’est même profondément stupide.

Mais ce n’était pas si moche, surtout si l’on considère l’absence de nazis et de gens de tous nus (et de chiottes ou autre tondeuse à gazon). Le seul reproche qu’on peut vraiment faire est d’avoir choisi des costumes en grisaille, ce qui est non seulement triste mais surtout pénible pour reconnaître les personnages (non tout le monde n’est pas dans les dix premiers rangs !). Il semblerait aussi qu’il y avait quelques problèmes avec le suivi du livret, mais franchement, vu d’en haut, ce n’était pas le problème principal. C’est d’autant plus dommage qu’il y avait de bien jolies trouvailles, entre ombre et lumière (même si au bout d’un moment, les balles lumineuses — magiques ? — ont commencé à perdre leur effet de surprise…).

Max (Stanislas de Barbeyrac) doit gagner le concours de chasse pour gagner la main d’Agathe (Johanni Van Oostrum). Mais comme il n’est pas très bon, il décide de truander avec un maléfique complice (qui forcément essaie de le piéger). Ambiance chasse, péchés et nature. Opéra bouffe en Allemand avec une intro super connue fréquemment donnée en concert, la distribution (Chiara Skerath - Ännchen ; Vladimir Baykov - Kaspar ; Christian Immler - L’Ermite ; Thorsten Grümbel - Kuno ; Daniel Schmutzhard - Ottokar ; Anas Séguin - Kilian ; Clément Dazin - Samiel) était de fort bon niveau et la direction de Laurence Equilbey très bien, même si parfois, ça sonnait quand même trop ancien. En même temps, ambiance cor de chasse, aussi…

Une bien bonne soirée.