Pendant le concert précédemment chroniqueté, l’ami berlinois faisait quelque peu du commerce, et c’est ainsi que j’ai hérité d’une place pour Ercole amante à l’opéra comique pour le lundi suivant. À 6€ seulement, avec un positionnement propice au replacement ninja : et pour cause, s’il a fallu traverser la corbeille pour profiter des trous repérés en jardin, le staff est assez sympathique pour aider à se frayer un chemin. Bingo en côté de 3e rang de corbeille. On ne voit pas tout, mais l’essentiel est là, car la mise en scène est bien pensée pour que le fond de scène puisse être vu de partout.

Mais surtout, le travail de Valérie Lesort et Christian Hecq est à mourir de rire tellement il recèle de trouvailles en tout genre, qui fusent à un débit délirant. Notamment un bestiaire figurant un monstre échappé d’un Disney. Des héros assortis dans une sorte de cosplay. Et encore : un sous-marin (avec Neptune en barbe verte), un oiseau mécanique volant pour déesse, une montgolfière, un ballet de plongeurs, un hercule à gourdin… J’en passe et des meilleures. Évidemment, il y a une interaction régulière entre les chanteurs (très solides !  Avec Nahuel di Pierro, Anna Bonitatibus, Giuseppina Bridelli, Francesca Aspromonte, Krystian Adam, Eugénie Lefebvre, Giulia Semenzato, Luca Tittoto, Ray Chenez, Dominique Visse) et l’orchestre Pygmalion de Raphaël Pichon (dont le choeur est au début incrusté dans une grande étoile dorée : ça commençait très fort, juste après les cuivres derrière la corbeille !) — excellente interprétation qu’on oublierait presque, avec la mise en scène omniprésente.

Ça foisonne d’autant que le livret de Francesco Buti est un sacré bordel, où il est difficile de se retrouver, avec ces amour d’Hercules marié pour sa future belle-fille, alors que les dieux et les servants mettent leur grain de sel dans l’affaire. Pas sûr que cet opéra de Cavalli, avec son apéritif à la gloire de Louis XIV et de quelque mariage couronné, ait été conçu pour autant de rigolade. Surtout, c’est très long (1h55 + 1h10, soit 3h30 en tout avec l’entracte : on sort donc à 23h30…). Heureusement que le ton parodique est irrésistible, ce qui en fait clairement le spectacle du moment à ne pas rater !