Mariss Jansons et l’Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, c’est quelque peu le duo gagnant à tous les coups. Mais le jeudi soir à la Philhar, c’est loin de remplir la salle : guère mieux que les occupants usuels de ce créneau. Je me replace avec l’ami berlinois dans le premier tiers du parterre, côté couloir cour, avec des voisins un peu pénibles qui auront raison de mon émigration en 4a pour la deuxième partie (ça faisait longtemps ! J’aime bien la position de cet endroit, qui permet de voir le chef et l’orchestre, même si l’on a moins de violons et plus de basses — effet subwoofer).

On commence par un Weber punchy, l’Ouverture d'Euryanthe (post-Freischütz). À croire qu’il n’a écrit que des ouvertures, pour ouvrir des concerts. Puis il y a un « pianiste légendaire », qui ne vient jamais en France ou presque, donc que l’on connaît très mal. Mais l’ami berlinois m’en dit déjà le plus grand bien. Rudolf Buchbinder a tout de même 72 ans. Avec lui, tout coule, naturellement. Et c’est ainsi que passe un très beau Concerto pour piano n° 2 de Beethoven. Puis en bis, comme annoncé, une transcription de la valse pour piano de Johannes II Strauss, Arr Grünfeld.

Après l’entracte, la puissante Symphonie n°10 de Dmitri Chostakovitch. Ça décrasse toujours, un Chosta qui dégomme. Manifestement, je suis parti trop vite, car le BRSO a donné un bis chostakovien (extrait de l’acte III de Lady Macbeth). Il faut dire que les concerts terminent affreusement tard, la ligne 5 est épouvantable et il n’y a plus de RER le soir. L’amour de l’art a des limites…