Le retour du Puccini-Wilson à Bastille n’avait pas forcément attiré mon attention, mais un alignement de punaises et de deuil m’a fait récupérer une place de ninja au dernier moment. Une place bien située en 2e galerie, ce qui correspond à une hauteur de bas de second balcon, mais à une distance équivalente au 14ème rang. Ce n’était pas plus mal, même si rester en équilibre pendant 2h45 (moins l’entracte) n’était pas de tout repos. En effet, dans le rôle-titre de Madame Butterfly, Ana María Martínez, qui assurait la représentation du 30 octobre en alternance, a beau avoir une très belle tessitude, parfaite pour Cio-Cio-San (Tchotcho en VO, présume-t-on ?), elle ne passe pas le tiers de la salle en volume. C’est embarrassant. Voilà le genre de détail qu’on aurait pu vérifier pour le casting…

En revanche, Marie-Nicole Lemieux en Suzuki, Dmytro Popov pour Pinkerton et le toujours sûr Laurent Naouri en Sharpless, passent tout à fait bien. Aussi, il peut y avoir des moments fabuleux quand tout le monde s’y met correctement (surtout à la fin de chaque acte), et des moments tout à fait déséquilibrés devant la faiblesse de la soprano en chef.

Le plus stable de l’histoire, aussi parce que le seul des trois premiers rôles à ne pas alterner avec un double (de telle sorte qu’il y a 2^3 combinaisons, certaines n’arrivant qu’une seule fois…), c’est le chef Giacomo Sagripanti, fort inspiré, comme on dit. On connaît sinon bien la vieille mise en scène de Bob Wilson, qui divise le monde en deux catégories, entre ceux qui détestent et ceux qui adorent. On me range toujours entre les deux (mais plutôt du côté positif) : j’admets que la référence au théâtre no est pertinente, mais il y a quand même des moments de passion italienne où cela ne marche pas du tout ; dans l’ensemble, ça reste beau, et parfois même, extrêmement beau. 

Une bonne soirée, mais qui valait bien 15€, guère plus (clairement pas les 225€ d’une première catégorie, surtout si c’est pour se retrouver derrière (grosso modo) le 14ème rang (au premier balcon par exemple).