L’orchestre d’Ile-de-France s’est spécialisé sur un public du dimanche — venu même depuis la Normandie en bus, ai-je découvert en cherchant désespérément la navette qui n’existait pas, rendant le retour de la Philharmonie épique. En réalité, la phalange ne démérite pas, et l’ami berlinois les trouve même bien meilleurs que le national (que je ne pratique plus, en fait). Ce positionnement marketing leur donne une communication particulière, et notamment une étrange habitude de nommage des programmes. En l’occurrence : amicalement vôtre. Certes. C’était en tout cas d’une excellente cohérence, en plus de belles prestations.

Benjamin Britten, Four Sea Interludes ; j’adore cette oeuvre. Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour clarinette, avec Paul Meyer (top !). On sent qu’on est dans la thématique mélancolique-suave. Avant l’entracte, Meyer relance d’un Send in the clowns, de S. Sounheim (merci le CM Twitter). Après l’entracte, nos places tout devant (peut-être cinquième rang, couloir cour) fut pris, et nous dûmes nous éloigner plus au fond du parterre. Ah oui, c’était un concert avec la souris ! Avec un programme pareil… Et un Arvo Pärt : le magnifique Cantus in Memory of Benjamin Britten. Que c’est beau ! Qu’on était trop loin déjà pour que ça résonne comme ça aurait dû…

Pour finir, Edward Elgar, Variations Enigma. Le jeune Joshua Weilerstein à la direction (prometteur !) fait une pré-annonce au micro, parce qu’il trouve le programme papier trop chiche : il explique donc quelques unes de ses variations préférées (la femme d’Elgar qui sifflote, un pianiste qui joue mal, son chien…), avec un accent et un sens du second degré qu’on devine tous britanniques qui emballe la salle très bien remplie. Vraiment, une interprétation au poil.

Et puis encore un départ à la retraite (le hautbois solo Jean-Michel Penot, qui a 42 annuités d’après le discours de sa voisine flûtiste). En cadeau, en plus des embrassades lorsque le chef fait saluer chaque pupitre, l’orchestre lui joue le thème du film « Mission » (de Morricone), ce qui reste bien jusqu’au bout dans la même thématique sonore.

Ne pas sous-estimer les concerts du dimanche aprem.