Les programmes de la production Les Grandes Voix sont tellement pourris qu’on a eu peur que cette soirée « requiem de Mozart » soit dépourvue du requiem de Mozart… C’est dire. Évidemment, cela fait partie des nombreuses fois où le Théâtre des Champs Élysées ne distribue pas de programme papier, de telle sorte qu’on doit user d’une connexion 3G (voire 4G) précaire, du moins pour la moitié du binôme qui n’est pas resté dans le 17ème siècle, pour aller sur le site web tout ambigu.

Avec ledit usuel binôme, attaquée par quelque punaise de lit assoiffée la dernière fois que nous n’étions pas ensemble (à savoir deux semaines avant : oui, le TCE est potentiellement contaminé des vilaines bêtes, n’hésitez pas à emmener votre pot de miel délicieux — par exemple sous forme de tendre viande féminine délicieuse —, afin de faire diversion de votre personne), nous étions cette fois de loge (comme la fois où l’on avait fait le Stabat Mater tout aussi ambigu de la même prod).

« En première partie de programme », donc : Mozart, « Sancta Maria, Mater Dei » (K. 273) ; Albrechtsberger, « Domine, secundum actum meum » ; Werner, « Requiem en ut mineur » ; Mozart, « Ave verum corpus » (K. 618). Faut suivre et bien compter. Tout cela est très bien et plein de belles découvertes, et chauffe à la fois l’Orfeo Orchestra, le Purcell Choir, nos solistes (Emőke Baráth soprano ; Anthea Pichanick contralto ; Zachary Wilder ténor ; István Kovács basse), et évidemment notre chef, György Vashegyi.

Mais cela aussi présage de la suite un poil décevante. Parce que les instruments (franchement) anciens, en petit groupe, c’est charmant, vintage, mais surtout frustrant. On apprécie, parce que c’est bien fait (et malgré les victimes du coronavirus, dont un exemplaire dans la loge que ma patiente et douce accompagnatrice a failli achever dans un élan humaniste), mais ça nous rappelle surtout que les instruments modernes et les grands ensembles qui claquent, c’est quand même mieux. Vivement la version Barbara à la Philhar !

(Cependant, aucune punaise de siège à déplorer. Faut dire que les mesures sont drastiques. Adieu gambettes. Satanées bestioles !!)