Cette semaine, j’ai rattrapé du retard en replay : Qui veut être mon associé ? Nouvelle émission sur M6, inspiré par un show américain, si j’ai bien suivi. J’adore. Je dirais même que ça remplace The Voice (détecteur efficace de jolies INFP) dans mon petit coeur télévisuel. Peut-être la meilleure chose qui soit arrivé à la France depuis longtemps : pour la première fois, ça cause capitalisme, entrepreneuriat, mais à la source, c’est-à-dire au moment où le lambda se lance dans l’entrepreneuriat, sans trop de moyens (sinon il ne serait pas là, à demander du capital), ni trop de connaissance (quand on a déjà réussi, on n’a plus besoin de passer par case départ !), qui luttent, des années, avant d’être prêt à vendre pas seulement leur produit, mais des parts, pour bondir. Et c’est très chouette, parce que ça reste moins hard que The voice même quand ce n’est pas très amène (l’épisode avec les néo-paysans anti-capitalistes et leur poulailler très beau et invendable à un prix rédhibitoire a fait le tour du net), et même si ça parle d’argent, de pourcentages, de marges brutes à 30, 60, 85%, on reste dans de la bienveillance, et on voit bien que ce qui plaît, c’est ce qui est social, humain, qui a un impact quelconque — notamment environnemental —, tout en restant les pieds sur terre dans le business — faut que ça rapporte !

J’espère vraiment que le Français moyen, vaguement communiste dans l’âme et (trop) souvent totalement soviétique, qui a peur du risque (paradoxe d’un pays qui compte beaucoup d’entrepreneurs — peut-être plutôt par réaction au mauvais management qui pousse justement à se débarrasser du chef ? Ou quand le rêve anarchique devient capitaliste-libéral), s’enrichisse d’expérience autant que se débarrasse de préjugés idiots, sur les riches notamment (parce que l’émission fait intervenir de gros business angels, finalement, qui sont entre le BA et la série A, voire très marginalement de la toute petite série B — paradoxe de France appauvrie, les tickets sont faibles au regard des projets —, mais on parle quand même de centaines de milliers d’euros versés à titre personnel ou via holding ou assimilé).

Bref, une ouverture aux chakras capitalistes, parce qu’on parle sans complexe de vendre, de marketing, d’ingénierie, bref d’économie de marché dans ce qu’il y a de plus atomique, l’entreprise créatrice de richesse, et que cela enlève une part de magie, en espérant qu’on n’entende plus, ou moins en tout cas, des remarques débiles de type « il faudrait que votre produit soit gratuit », ou « pourquoi ce n’est pas l’État qui fait ça ? », etc., qui dénotent une incompréhension totale des mécanismes économiques et de création de valeu dans notre pays de rentiers, rongé par l’ignorance. Si les coupes opérées au montage sont parfois un peu frustrantes (il manque des bouts de business models, mais de moins en moins au fil des émissions, je trouve aussi), clairement, voilà une oeuvre d’utilité publique !