J’ai vu une interview de Makoto Shinkai sur Gong où il disait qu’il ne pouvait pas traiter directement d’écologie et de réchauffement climatique dans son dernier animé : au Japon, on s’en fiche éperdument. Pas bien Greta-compatible ! Ce sont pourtant des thèmes qui lui sont très chers.

Quand « Les enfants du temps » débute, on voit la version anglaise du titre, « Weathering with you », et comprend que ce n’est pas le temps en tant que quatrième dimension, comme dans « Your name », mais la météo, le climat. Ironiquement, « enfant du temps » est une meilleure traduction de la VO « Tenki no Ko », mais souffre donc d’ambiguïté sémantique. La souris fut de même prise au dépourvu.

Comme dans le précédent opus (qui a un peu plus de trois ans ! Déjà !), nous avons deux ados, de très beaux dessins, une histoire fantastique et poétique, des histoires de vie et de mort, bref des thèmes similaires. Tokyo y est très minérale, et sous la pluie. Beaucoup de pluie. Heureusement, notre jeune héros fugueur va tomber sur une fille-soleil, et à eux deux, ils décident de faire du beau temps. Insouciants, livrés à eux-mêmes (avec quelques semblables), ils sont pourchassés par les autorités, comme victimes du temps (quatrième dimension), de leur jeunesse, de la fatalité…

C’est parfois bancal mais c’est joliment mené, et donc même si c’est moins bien mené que Your name, ça reste une fable originale et fort agréable.