« Gentlemen » est une sorte d’Audiard British avec la touche très caractéristique que Guy Ritchie s’est formé — ce qui commence à donner dans une sorte de facilité, mais en même temps, ça régale… Hugh Grant est un journaliste véreux en grande conversation avec Charlie Hunnam, second de Matthew McConaughey, qu’il entend faire chanter. D’où une construction en flashbacks plus ou moins librement réinterprétés, retraçant l’histoire intriquée du commerce récréatif et huppé devenu empire, entre la gentry ruinée qui loue des parcelles pour l’horticulture de Marie-Jeanne et les rues londoniennes. McConaughey veut prendre une retraite anticipée en cédant son fonds de commerce à un autre gentleman huppé gangster, tandis que chez les Asiatiques voisins la compétition interne (fort classique) du jeune dragon vers le vieux tigre rajoute quelque entropie à une situation qui s’envenime à vive allure en tirades et situations qui rappellent fortement nos Tontons flingueurs nationaux, dans le genre. On flingue avec flegme et en tweed (même chez les Asiat, et même pour les joggings de chez Colin Farrell le « coach »).

C’est nerveux, envolé et assez jouissif, le high tea du banditisme.