Dans la campagne assez bordélique de mes municipales (opération « dégager les cocos — mais sans les faire remplacer par d’autres rouges déguisés »), quelques évènements tombent au hasard, et c’est ainsi qu’on se retrouve à petit déjeuner avec une secrétaire d’État. En l’occurrence, une fort douée, au pédigrée de dingue, et qui a dû prendre récemment une décision des plus absurdes au dernier degré, de celles qui pour d’obscures raisons démagogiques dont on se serait cru enfin libérés avec un gouvernement tout de même prêt à se faire seppuku pour changer (enfin !) notre système absurde de retraites de rentiers ultra-inégalitaire. Et en plus, elle a dû tourner des vidéos ou autres communications pour expliquer que cette décision dangereuse était d’une parfaite logique. Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne, mais enfin la prostitution ne devrait-elle avoir des limites ? Tel n’était pas le sujet.

Alors pendant un peu moins d’une heure, on fait la liste comme au père Noël de tout ce qui chie dans la colle, dans le coin, et qu’on aimerait bien un jour voir résolu, par une règlementation avantageuse ou un coup de chéquier. Mais comme on est dans l’opération de communication dans toutes les mairies du coin, chez toutes les listes du cru, on en vient plutôt à raconter quelques banalités en souriant à la caméra (pour future publication sur les rézo-sociaux, en espérant que quelque futur électeur le voie…), surtout qu’il est assez impossible de maîtriser tous les sujets locaux, faut-il bien reconnaître. D’où quelques déclarations un peu rapides et aussitôt auto-censurées. Voilà comment un incendie pourrait naître.

Un esprit brillant, plein de monde de bonne volonté, un agenda serré, du zapping, il en sort donc un vague jus de chaussette (et une ou deux promesses dans le vent) dont tout un chacun se félicite, et évidemment quelques photos dont l’impact me laisse plus que dubitatif, mais participe à un grand flou de « on fait quelque chose, la preuve ». Ainsi va la politique. Pas étonnant que ça n’avance pas des masses, quand même…